
Qu’entend-on par le mot « richesse »?
La question de la répartition des richesses mondiales a souvent été posée, et à juste titre le sentiment général d’injustice ne cesse de se développer. On le sait, la tendance actuelle n’est pas à l’amélioration. A en croire le rapport public paru mi-janvier par l’OGN internationale OXFAM, intitulé « Une économie au service des 1% », les richesses dans le monde se concentrent de plus en plus au mains d’une ultra minorité.
Pour être factuel, aujourd’hui 1% de la population mondial, détiennent autant que le reste de la population mondiale. En 2014, les 1 % les plus riches détenaient 48 % des richesses mondiales, laissant 52 % aux 99 % restants . La quasi-totalité de ces 52 % sont aux mains des 20 % les plus riches. Au final, 80 % de la population mondiale doit se contenter de seulement 5,5 % des richesses.
En 2015, 62 personnes possédaient à elles seules les mêmes richesses que 3,6 milliards de personnes , soit la moitié la plus pauvre de l’humanité.
Alors oui, on pourrait faire le discours classique, et légitime : « Quelle absurdité!, c’est incroyable, c’est révoltant!, mais à quoi leur sert tout cet argent?, quand on pense au nombre de gens pauvres, qui peinent à se nourrir!… ». Ces invectives sont normales, il est évident que des mesures urgentes sont nécessaires pour faire face à la crise des inégalités extrêmes et il faut mettre fin à l’ère des paradis fiscaux. Il faut une véritable politique de coopération globale, il faut instituer une autorité fiscale internationales sous l’égide des Nations-unis. Ainsi les Etats pourront bénéficier de précieuses ressources utiles pour lutter contre la pauvreté et les inégalités…
En attendant que nos chers professionnels de la politique prennent ces décisions, aujourd’hui dans ce billet, nous proposons de réfléchir et analyser le sujet par un autre angle, celui de la définition de que l’on donne à la richesse.
Tout le monde sait quelque chose…
En économie politique, les seules richesses dont il est question se composent des choses que l’on possède et qui ont une valeur reconnue. Un terre, une maison, un meuble, des objets d’art, des provisions, des actions, des monnaies d’or et d’argent, sont des portions de richesses. Chaque personne ou chaque famille en possède une quantité plus ou moins grande, et leurs valeurs réunies compose sa fortune. Suivant l’usage ordinaire, on n’appelle riches les personne qui possèdent beaucoup de biens.
Personnellement j’ai une définition plus large de la richesse, j’étend la signification de ce mot à tous les biens dont il est permis aux hommes de jouir, à savoir la santé, la joie, le bonheur et surtout les savoirs, notamment les savoir-faire.
J’estime que chaque être humain est doté de compétences, quelles qu’elles soient, petites ou grandes, simples ou complexes. Néanmoins comme le dit Florence Nibart-Devouard, cofondatrice de Wikipedia, « tout le monde sait quelque chose, mais personne ne sait tout ».
A tout moment de la vie, va émerger en chacun de nous le sentiment d’incapacité, le besoin d’être aidé, pour une tâche que l’on est incapable de réaliser, mais pour laquelle il existe forcément des personnes en capacité de répondre à notre besoin.
Sur ce principe, j’ai la conviction que l’échange de compétences entre individus est un véritable vecteur de création de valeur. La connaissances et le savoir-faire présents en chaque individu est un force de vie, une puissance créatrice de richesses, qui va bien au delà de l’argent présent sur son compte en banque. En ce sens, ce changement de paradigme revoit complètement le concept d’inégalité, chacun est riche de ses talents innés, des son apprentissage, de ses expériences individuelles.
Harris RATSIMBA